đ§ Introduction
Le syndrome de Cushing, aussi appelĂ© DPIP (pour dysfonctionnement de la pars intermedia de lâhypophyse â oui, câest long đ ), câest un peu la maladie typique du vieux cheval.
đ Environ 1 cheval sur 5 aprĂšs 15 ans est concernĂ©. Et aprĂšs 30 ans ? On grimpe jusquâĂ 40 % ! đ± (source : IFCE)
Mais que se passe-t-il vraiment dans leur corps ?
Chez un cheval sain, une glande du cerveau â lâhypothalamus â rĂ©gule lâactivitĂ© de lâhypophyse grĂące Ă une molĂ©cule appelĂ©e dopamine. Mais quand ce systĂšme ne fonctionne plus correctement, câest la dĂ©rive hormonale đŹ
đ Lâhypophyse sâemballe, libĂšre trop dâACTH, qui pousse les glandes surrĂ©nales Ă produire des hormones de stress, comme le cortisol. RĂ©sultat : dĂ©rĂšglements en cascade et des symptĂŽmes bien visibles (on en parle juste aprĂšs đ)Â
đšÂ ReconnaĂźtre les symptĂŽmes
Voici la liste des signaux qui doivent éveiller vos soupçons sur la maladie de Cushing, principalement chez le cheval ùgé :
- đ Hirsutisme : poil long, souvent bouclĂ©, qui ne mue pas bien au printemps (ou pas du tout).
- đ„ Fourbure : attention, le dĂ©rĂšglement hormonal peut causer un excĂšs de cortisol âĄïž troubles mĂ©taboliques âĄïž fourbure (par ici pour en savoir plus sur la fourbure).
- 𩮠Amaigrissement + fonte musculaire : surtout visible le long du dos.
- đ© Amas graisseux localisĂ©s : chignon (encolure), base de la queue, saliĂšres, sous le ventreâŠ
- đ° Urines abondantes + soif accrue : le cheval boit et urine beaucoup plus que dâhabitude.
â ïž Un seul de ces signes nâest pas forcĂ©ment inquiĂ©tant, mais en combiner plusieurs devrait vous mettre la puce Ă lâoreille. Si vous avez un doute, parlez-en Ă votre vĂ©tĂ©rinaire đ©ș
đŹComment diagnostiquer un Cushing ?
Pour poser un diagnostique le plus fiable possible, vous aurez besoin de votre vĂ©tĂ©rinaire. Il effectuera une prise de sang, pour doser son taux d’ACTH (la protĂ©ine dont je vous parlais en introduction).
â ïžLe taux d’ACTH peut varier selon les individus, mais aussi et surtout en fonction de la saison. Le taux dit « normal » en janvier de 29 g/ml, peut aller au delĂ de 50 g/ml en octobre ! Les rĂ©sultats doivent donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s avec vigilance.
L’interprĂ©tation des taux serait donc Ă adapter selon la pĂ©riode de l’annĂ©e Ă laquelle la prise de sang est effectuĂ©e. đĄ
âïžđ·đ De novembre Ă juillet
- < 19 pg/ml – Taux normal, aucune suspicion
- Entre 19 et 40 pg/ml – Prise de sang Ă refaire pour vĂ©rification
- Entre 40 et 100 pg/ml – Suspicion de cushing
- > 100 pg/ml – Cushing avĂ©rĂ©
đ De aoĂ»t Ă octobreÂ
- < 37 pg/ml – Taux normal, aucune suspicion
- Entre 37 et 60 pg/ml – Prise de sang Ă refaire pour vĂ©rification
- Entre 60 et 120 pg/ml – Suspicion de cushing
- > 120 pg/ml – Cushing avĂ©rĂ©
đ Traitement du syndrome de Cushing
Médicament
Le traitement de rĂ©fĂ©rence est le pergolide, qui remplace le dĂ©ficit de dopamine et rĂ©gule la production dâACTH. Il est administrĂ© tous les jours et Ă vie, avec des contrĂŽles rĂ©guliers du taux dâACTH pour ajuster la dose.
đż Adapter son mode de vie
Quand on apprend que son cheval est atteint (ou suspectĂ©) du syndrome de Cushing, on peut se sentir un peu perdu… Mais bonne nouvelle : il existe plein de petits gestes du quotidien qui peuvent faire une vraie diffĂ©rence đ
Voici ce que jâai mis en place ou ce que je recommande pour soulager et accompagner au mieux nos compagnons :
đ± PĂąturage raisonnĂ© : attention aux vĂ©gĂ©taux riches comme la luzerne ou le trĂšfle â si possible, on peut Ă©galement passer au foin Ă certaines pĂ©riodes pour limiter les risques de fourbure.
đ„ Panier de restriction au printemps pour Ă©viter les excĂšs dâherbe riche.
đŸ ZĂ©ro cĂ©rĂ©ales dans la ration â uniquement des fibres (type prĂ© alpin), bien plus adaptĂ©es Ă leur mĂ©tabolisme fragile.
đ ComplĂ©ments spĂ©cifiques selon les besoins de chacun (phytothĂ©rapie, minĂ©raux, soutien digestif ou articulaireâŠ).
âïž Tonte ciblĂ©e pour aider Ă gĂ©rer la sudation excessive et le poil long typique du Cushing.
đ Chaque cheval est diffĂ©rent, mais ces ajustements ont vraiment aidĂ© Ă amĂ©liorer le bien-ĂȘtre au quotidien ici. Si vous testez dâautres astuces, je suis preneuse en commentaire !
đMon expĂ©rience avec Cushing
Jâavais envie de vous partager un bout de notre quotidien, parce que peut-ĂȘtre que ça pourra aider certains dâentre vousâŠ
Mes deux ponettes, Jade et KobĂ©, sont toutes les deux suspectĂ©es dâĂȘtre atteintes du syndrome de Cushing, suite Ă une prise de sang. Et pourtant⊠leurs symptĂŽmes sont trĂšs diffĂ©rents !
đč Jade a dĂ©veloppĂ© une fourbure, un poil long et bouclĂ© (hirsutisme), a perdu du muscle et sâest beaucoup amaigrie.
đč KobĂ©, elle, nâa pas du tout le mĂȘme profil : elle prĂ©sente des amas graisseux marquĂ©s (surtout au niveau de l’encolure et du ventre).
đ Avec mon vĂ©tĂ©rinaire, on a dĂ©cidĂ© de ne pas commencer le traitement mĂ©dicamenteux tout de suite. Ă la place, jâai mis en place une gestion adaptĂ©e au quotidien :
đ± Panier de restriction au printemps
đŸ Surveillance des plantes prĂ©sentes au prĂ©
đż Cure de phytothĂ©rapie au printemps
đ„ Ration uniquement composĂ©e de prĂ© alpin (zĂ©ro cĂ©rĂ©ales)
đ©” Et pour Jade, un petit coup de pouce avec de lâhuile de lin, pour lâaider Ă reprendre de lâĂ©tat
Chaque cheval est unique, et je continue dâobserver, dâajuster, et surtout de travailler main dans la main avec mon vĂ©tĂ©rinaire. đŹ
Si vous traversez la mĂȘme chose, nâhĂ©sitez pas Ă partager vos expĂ©riences ou Ă poser vos questions en commentaire !
Prenez-soin de vos vieux Loulous đŽđ„°